Comment varient les caractéristiques du bois du mélèze du Japon selon sa provenance ?

26 janvier 2018

Les variations de la densité du bois du mélèze du Japon dans l’est du Canada et de son contenu en extractibles

Les mélèzes sont bien adaptés aux conditions climatiques nordiques. Or, on ne retrouve qu’une espèce native dans l’est du Canada parmi les 10 espèces de mélèze dans l’hémisphère nord, le mélèze laricin (Larix Laricina). Ce conifère, qui perd ses aiguilles en hiver, s’utilise dans les produits de sciage, de composites et de pâte et papier. En 1970, un programme d’amélioration génétique a été mis en place au Québec dans le but de créer des hybrides à croissance rapide. Parmi les espèces intéressantes, le mélèze du Japon a du potentiel, puisqu’il produit un volume de 0.396 m³ par arbre en un peu moins de 23 ans. Bien que la croissance rapide soit un élément important, il est nécessaire de valider que ce ne soit pas au détriment de la qualité du bois.

Reconnue comme une caractéristique du bois importante, la densité est facile à mesurer et est corrélée aux propriétés physiques et mécaniques du bois. Pourtant, cette mesure varie grandement, une variation qui pourrait être expliquée par des facteurs comme la génétique, l’environnement du site de plantation, la physiologie et les traitements sylvicoles. De plus, les propriétés chimiques des mélèzes restent à étudier. Ils possèdent un contenu élevé d’extraits solubles dans l’eau, comme l’arabinogalactane. Actuellement utilisé comme supplément et additif alimentaire, ce serait un agent prometteur pour des applications médicales.

Afin de mieux comprendre la variabilité de la densité et des extraits solubles, des chercheurs du CRMR ont mené une étude sur 20 mélèzes du Japon de 12 ans pour en observer les variations intraspécifiques. Pour ce faire, deux disques de 5 cm d’épaisseur ont été coupés à 0,4 m et 2,75 m du sol sur chaque arbre. Une partie de ces disques ont servi à évaluer la densité. Des variations importantes ont été soulevées dans le même tronc, en fait, la densité est significativement plus élevée au bas de l’arbre. La masse volumique basale et anhydre furent aussi calculées et corrigées par la masse d’extractible, ce qui a permis de différencier adéquatement les descendances/provenances par densité. Du côté des extractibles solubles, une variabilité marquée a été notée selon la provenance de l’arbre et de sa génétique, variant de 2,9% à 6,9%.

Selon les résultats de l’étude menée par Cáceres et al., il serait tout à fait approprié d’utiliser la densité corrigée et la teneur d’extractibles solubles à l’eau pour mener une sélection préliminaire des descendances/provenances du mélèze du Japon qui répondrait aux besoins de l’industrie et dirigerait les ressources les plus adaptées aux produits finaux.

Pour en savoir davantage :

Cáceres, C., E. Hernandez, R., Fortin, Y., & Beaudoin, M. (2017). Wood density and extractive content variation among japanese larch (Larix Kaempferi [Lamb.] Carr.) progenies/provenances trials in eastern Canada. Wood and Fiber Science, 49(4), 363-372.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


Partager: